Chers lecteurs, chères lectrices,

En cette période de carnaval, j’avais décidé d’envoyer pour ce billet n° 46 (février 2020) une lettre à la reine des super-héroïnes :

« Ma bien chère Wonder Woman,

Comment vas-tu ?

Pour toi, les débuts d’année sont forcément florissants.

Car, en super gestionnaire de plannings, tu as préparé, dès la fin de l’année dernière, les 12 mois à venir.

Puis, sans l’ombre d’une indigestion post-Noël/Nouvel An/Galette des Rois, tu as poursuivi vaillamment sur ta lancée en confectionnant une bonne vingtaine de crêpes bien légères que ton entourage a englouties sitôt versée dans la poêle la dernière louchée.

Cuites à point des deux côtés, elles étaient parfaites, ces crêpes, comme tout ce que tu fais ! En plus, tu as le coup de main : d’un geste rapide et sûr, tu les retournes sans qu’elles restent collées au plafond ni finissent par terre… »

Soudain, j’ai interrompu net la rédaction de cette missive.

Suffit de parler poêlon et cuisson ! Abordons le vif du sujet, à savoir le mythe de la Wonder Woman.

Bon d’accord, vous en avez sûrement déjà rencontrées des wonderwomen.

Vous savez, ces femmes qui, à des degrés divers, réussissent aussi bien leur vie personnelle et professionnelle.

Je vous entends dire, rageuse : « Comment fait-elle ? »

C’est ce que vous vous êtes souvent demandées après avoir lu une interview d’une cheffe d’entreprise brillante, avec une tête bien faite, à l’intérieur comme à l’extérieur, réussissant à gérer les différents pans de sa vie sans apparente difficulté.

Ou après avoir vu votre collègue trouver le temps d’élever ses 4 enfants, d’assumer la majeure partie des tâches domestiques et de travailler assidûment, le tout avec un sourire épanoui.

En plus d’être belle et sans défaut, cette femme « forte, libre et courageuse », tel le personnage de Wonder Woman conçu par William Moulton Marston, existe-t-elle vraiment ?

Aujourd’hui, cet idéal place la barre très haut, depuis le plus jeune âge, pour les femmes des sociétés occidentales et occidentalisées.

En effet, ces sociétés portent aux nues la capacité des femmes à maîtriser chaque parcelle de leur vie et, souvent aussi, de celle de leurs proches.

Quel que soit son statut ou son âge, la femme se sent ainsi obligée, d’être un symbole de perfection, de tout réussir pour que sa valeur soit reconnue par l’ensemble de la société, y compris ses pairs.

Il a été constaté que le burn-out (syndrome d’épuisement) parental et professionnel frappe majoritairement les femmes qui, du fait d’attentes sociales de plus en plus élevées et de la pression accrue qu’elles s’imposent, finissent par être submergées de travail et/ou de tâches familiales. Qui plus est, lorsqu’elles taisent leurs besoins, leurs ressentis et leurs projets personnels.

Bien sûr, la force, la liberté, le courage, la beauté, tout comme d’autres qualités, caractérisent les femmes (d’ailleurs autant que les hommes).

De même, il ne devrait faire aucun doute que les femmes aient les mêmes droits que les autres êtres humains (ce qui constitue un indéniable progrès, notamment dans les pays où ce n’était pas acquis d’avance).

Cependant, il semble salutaire de mettre au jour les manques, les fragilités, les faiblesses, les échecs de chacune (et de chacun !), trop fréquemment tus et niés dans une société qui valorise encore la compétition acharnée, la puissance impitoyable, le succès à tout prix et où les actes de violence et de déloyauté sont légion.

Comme nous le montrent les humoristes dans leur one-woman-show (par exemple, Véronique Gallo), nous avons toutes, mères de famille ou pas, une part de Wonder Woman en nous, ainsi que des côtés sombres, moins sociables.

Ces multiples facettes de notre personnalité font de nous, les femmes, des êtres complexes, tout aussi précieux que les hommes et les autres vivants.

Lorsque je pense à Wonder Woman, aux autres super-héros ou aux personnalités, ces mots d’Elvis Presley, mythe emblématique de la société contemporaine, me reviennent invariablement à la mémoire : « […] L’image est une chose et l’homme en est une autre […] » (traduction de « […] the image is one thing and the human being is another […] »).

Ce n’est donc plus un secret ni pour vous, chers lecteurs, chères lectrices, ni pour moi : pour Wonder Woman (et Superman !), la vie n’est pas toujours rose ni l’honneur sauf, tout comme la cheffe d’entreprise ne brille pas uniquement grâce à ses propres feux et votre collègue épanouie est souvent épaulée dans sa vie quotidienne par un entourage aux petits soins.

Soyez clairvoyantes, prenez de la distance avec l’image, intéressez-vous à ce qui existe derrière et gardez à l’esprit que tout change, aussi bien ce qui est que ce qui se voit.

Dévoilez-vous en 2020 !

Céline

©Céline Bouvier Barache

www.celinebouvierbarache.com

La relecture, la correction et la mise à jour des documents professionnels, rédigés ou traduits en français, font partie intégrante de leur conception. Installée en free-lance dans la région parisienne, j’accompagne votre équipe au cours de ces étapes. Contactez-moi et nous identifierons ensemble la réponse la plus appropriée à votre demande.

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