Chères lectrices, chers lecteurs,

Chaque semaine, je reçois une sélection de conférences TED directement dans ma boîte mail. Il y a quelques mois, j’ai découvert avec plaisir cette conférence qui s’est tenue à Houston en 2012. Au cours de sa présentation, Brené Brown, chercheuse en sciences humaines et sociales, a évoqué la vulnérabilité comme une force : « Vulnerability is the birth place of innovation, creativity and change* ». J’ai trouvé que son propos prenait tout son sens aujourd’hui et cela m’a donné envie d’en parler dans ce billet n° 49 (mai 2020).

Depuis la sortie du confinement, nombreuses sont les personnes à s’être retrouvées en situation de fragilité. Position à la fois difficile et positive car le changement est souvent un mal nécessaire.

Changer ses habitudes de vie, de travail, de consommation, évoluer, prendre des virages professionnels ou personnels, généralement, cela nous fait peur. Partagés entre l’envie de découvrir autre chose et la crainte de se tromper de chemin, nous observons, de loin et pendant de longues années parfois, les opportunités de faire autrement. Nous les voyons comme une chaîne de montagnes sur notre horizon, une série d’obstacles à franchir. « Que va-t-il se passer si je m’engage ? », « et si je prends cette direction ? », se dit-on.

Puis, un jour, nous décidons d’agir. Et là, quelle victoire sur nous-même ! C’est l’euphorie. Un profond sentiment de joie nous envahit. Soudain, nous nous sentons plus légers et prêts à faire face. Pour ma part, j’ai rarement été déçue d’avoir dépassé mes peurs et mis à exécution mes décisions, en ce qui concerne le changement notamment.

Dans certains cas, changement et mouvement ne sont reliés que par la rime de leurs terminaisons. L’un n’implique pas forcément l’autre.

C’est ainsi que quelques jours avant la date fatidique du 11 mai 2020 signant la fin du confinement en France, il y avait déjà dans l’air comme un regain de mouvement.

Le va-et-vient des voitures redevenait incessant, tout recommençait à bouger après cette période d’inertie forcée. Quelques-un(e)s ne tenaient plus en place. La pandémie avait interrompu le déroulement de leur existence comme un film mis sur pause et à présent, chaque personnage se remettait en mouvement. Le déconfinement imminent relançait la vidéo de leur vie.

On sentait qu’il était urgent pour eux, comme une envie pressante, de reprendre comme avant. Pendant le confinement, ils avaient mis entre parenthèse leurs activités, leurs projets, leurs achats. Aveuglés par ces mirages de la surconsommation et de l’accumulation, ils voulaient tout de suite retrouver leur vie à l’identique. Ça y est, c’est fini, pensaient-ils. Et pourtant… Rien ne serait plus pareil. L’avaient-ils compris ?

Apparemment pas celles et ceux qui, pendant cette parenthèse confinée, avaient fait comme si les pique-niques à 20 personnes n’étaient pas interdits, comme si leurs enfants pouvaient se mêler les uns aux autres sans risque, comme si les règles ne s’appliquaient pas à eux et que leur bonne santé les prémunissait contre ce virus. Peut-être les mêmes qui n’ont pas voulu changer leurs habitudes et qui se sont précipités hors de chez eux dès le 11 mai…

Inconscience ? Incivisme ? Mépris du danger ? Refus des réalités ? Mon propos est simplement de constater. Après tout, la liberté est, heureusement encore, une valeur sûre.

Cependant, d’autres se sont rendus compte – très vite, s’ils y étaient confrontés de près, ou peu à peu, s’ils ont pris le temps de l’observation – que respecter les consignes temporaires de sécurité était le b. a.-ba de la lutte contre la propagation du virus. Ils ne se souciaient pas seulement d’eux-mêmes ou de leurs proches mais œuvraient, en quelque sorte, pour la collectivité – et continuent de le faire.

Outre les soignant(e)s et autres métiers-clef, en cette période, certain(e)s ont été obligé(e)s de sortir travailler. Épidémie ou pas, ils n’avaient pas la possibilité de télétravailler, de bénéficier du chômage partiel ou de poser des congés ou un arrêt de travail. En grande majorité, ils l’ont fait en connaissance de cause.

Le 11 mai, prudemment, nous sommes retournés vivre notre vie à l‘extérieur du domicile selon nos besoins, nos nécessités ou nos envies. Tous, que l’on soit respectueux ou inconscients, nous avions besoin d’aller et venir à notre guise et de retourner en forêt, pour ceux qui se sentent proches de la nature.

La plupart d’entre nous ont compris que tirer les leçons de ce qu’il s’était passé, avant et pendant ces 2 mois, était une évidence et qu’un renouveau était nécessaire.

Comme le domino qui entraîne la chute de tous les autres lorsque vous en faites tomber un, l’apparition de ce virus a provoqué une cascade d’événements prévisibles ou imprévisibles. Des personnes ont perdu leur emploi ou un proche, d’autres ont divorcé, des entreprises ont fait faillite, le manque de considération pour la nature a atteint son apogée avec des masques jusqu’au fond de la mer Méditerranée…

Vulnérables et obligés de s’adapter, les individus, les entreprises et les pays touchés ont innové dans leurs comportements, leurs relations ou leurs pratiques. L’inventivité des uns a fait la force des autres.

La note est salée mais tant de changements restent possibles ! Et de nouvelles voies sont apparues. Prenons ensemble le temps de les développer et ne nous précipitons pas pour reprendre exactement là où la pandémie nous avait stoppés.

Sincères encouragements à tous !

Céline

*« La vulnérabilité est le berceau de l’innovation, de la créativité et du changement. »

©Céline Bouvier Barache

www.celinebouvierbarache.com

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