J’ai reçu récemment une lettre d’information présentant une conférence sur le « retour au local ». Ce thème a fait écho en moi et simultanément m’a fait penser à ce formidable espace de coworking où je vais travailler de temps en temps pour y ressentir les bonnes ondes, et qui se développe dans ce sens depuis 3 ans grâce à l’engagement sans limite de l’équipe en place. Cela m’a donné envie ensuite d’écrire un billet sur le sujet.

J’aime beaucoup ces expressions idiomatiques qui n’ont l’air de rien mais recouvrent plusieurs significations. Sources potentielles de questionnement pour toute personne qui apprend une langue (le français ou toute autre langue) ou qui s’en sert, elles finissent par prendre parfois un sens légèrement différent.

C’est le cas ici. Qu’est-ce que « le local » et « le retour au local » ?

Les dictionnaires ne nous en parlent pas. Ou du moins pas comme ça. (En tous les cas, ceux que j’ai consultés.) 😉 Car « le local » n’est plus seulement une chambre, une boutique, un bureau ou une salle des fêtes. « Le retour au local » ne veut plus dire uniquement que vous revenez dans un lieu à usage déterminé.

Maintenant et dans le contexte auquel je fais référence, ce mot est employé comme substantif (nom) en lui attachant le sens qu’il a dans sa forme adjectivale. Je m’explique : « le local » renvoie aussi à tout ce qui concerne un lieu géographique, tout ce qui existe à proximité de vous, tout ce qui est spécifique par opposition au général.

Consommer et vivre local devient l’objectif premier de beaucoup d’entre nous. Les particuliers comme les entreprises, grandes, moyennes et petites, en font l’une de leurs revendications (légitimes ou pas…). Après avoir été carnivores puis herbivores, nous choisissons d’être locavores (celles et ceux qui mangent local). Alors que des moyens techniques ultrasophistiqués nous permettent de communiquer aussi facilement avec son voisin de bureau qu’avec l’autre bout de la planète où nous y achetons tout et n’importe quoi, des denrées alimentaires aux biens de consommation, nous serions de plus en plus nombreux à redécouvrir ce qui est proche de nous, à quelques mètres ou kilomètres. Et ce n’est pas une question de génération ou d’âge… C’est ce qu’on entend par « retour au local ».

Pourquoi cette tendance ? Par conscience écologique ? Logique innée ou acquise ? Ou bien parce que notre réflexion personnelle et l’évolution sociétale ou environnementale nous ont ouvert les yeux ?

Cette volonté de revenir au naturel, de se rapprocher de la Terre, de consommer des produits locaux, de s’intéresser aux entreprises qui se développent à côté de chez soi, de se lier d’amitié avec ses voisins n’est pas, selon moi, de la paresse. Elle ne signifie pas non plus que les personnes sensibles aux vies locales ne savent pas se servir d’un ordinateur ou n’ont pas envie de parler.

La réponse à ce phénomène est dans la question et les hypothèses ci-dessus. Et nous avons, en plus, presque atteint les limites de l’absurde, je crois.

Par exemple, à quoi cela rime-t-il d’acheter en décembre (dans notre hémisphère) des cerises qui sont mûres en juin ? Ou encore, pourquoi chercher un fournisseur ou un emploi à l’autre bout du monde lorsque parfois le tissu économique local offre des opportunités intéressantes ? Il paraît urgent de porter son attention sur le réel autour de nous, sur tout ce qui foisonne dans notre quartier, ville, région, pays.

Et pour répondre aux détracteurs de ce renouveau des territoires, « non, le local ne revient pas à vivre dans un bocal ». Cela ne signifie pas que nous nous replions sur notre nombril, ni que nous nous enfermons dans notre « zone de confort ». À intervalles réguliers, en fonction de nos possibilités, nous pouvons partir explorer notre (encore belle !) Planète bleue. En train, à vélo, à pied. Ou en avion, quand même, faute de pouvoir faire autrement ; en effet, tout le monde ne peut pas traverser les océans à la nage ou en radeau et pour passer d’un continent à un autre « y a pas trop le choix ! » comme on dit familièrement ; de même, prendre plusieurs mois pour partir à l’aventure n’est pas toujours possible et donc, l’avion, certes son kérosène non taxé pollue et les tarifs en classe économique sont encore élevés, mais c’est un moyen de transport qui présente de nombreux avantages.

Que représente pour vous ce « retour au local » ? Partagez vos impressions !

Céline
www.celinebouvierbarache.com

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