Chères lectrices, chers lecteurs,

J’ai envie de commencer l’année en vous offrant un billet mensuel « à ma façon » autour d’une expression française, toute simple et pas forcément répertoriée. C’est décidé, dorénavant ce sera « Un mois, une expression » sauf exception et en fonction de mon inspiration 😉

Oui, je sais… je parle de commencer l’année alors que nous arrivons à la fin du mois de janvier qui marque la date limite d’échange des vœux. Je suis encore dans les temps !

Que 2019 vous apporte de vrais bonheurs par milliers malgré tous les obstacles que vous rencontrerez sûrement ! Loin de moi l’idée de renoncement ou de soumission, vous ferez avec ces difficultés ou contretemps, car c’est cela la vie, une succession d’événements plus ou moins favorables.

Même si « être » » est fondamental, « faire » est un verbe-phare dans toutes les langues, parfois, dans des tournures qui me hérissent telles que « faire de l’argent » (=gagner de l’argent), « faire un pays ou une région » (=voyager dans tel pays ou telle région).

Mais « faire avec », je l’aime bien. Sans doute parce que ce groupe de mots renvoie au moins à deux visions antinomiques (=opposées) de la vie : accepter une situation apparemment défavorable et ne rien faire ou accepter cette même situation et en tirer le meilleur pour soi ou d’autres.

Qu’y a-t-il derrière cette expression familière couramment employée ?

Je ne vais pas vous parler en détail des origines de la locution verbale « faire avec » car, après une rapide recherche à différents endroits de la Toile, je n’ai pas trouvé d’explication autre que celle donnée par le Wiktionnaire (issu de la même famille que la célèbre encyclopédie libre Wikipédia). D’après ce dictionnaire, cette locution serait l’ellipse (= raccourci) de l’expression « faire avec ce que l’on a à disposition ».

J’ai retenu dans mon billet quatre acceptions (=sens).

Prenons-en déjà une première. Comme je vous l’écrivais au début, nous faisons avec les aléas de la vie, quelle que soit leur origine. « Faire avec » s’emploie pour signifier que nous acceptons une situation, quelque chose qui arrive ou qui existe indépendamment de notre volonté car nous ne pouvons pas faire autrement. Par exemple, il se met à neiger fort, vous êtes un médecin dans une région isolée mal prise en charge par les services de déneigement et vous devez aller en voiture porter secours à un(e) patient(e). Vous faites avec la neige, un événement climatique peu prévisible. Nous faisons donc avec ce qui est incontrôlable, nous nous y résignons.

La deuxième acception (explication que nous donne le Wiktionnaire) est que nous pouvons choisir de nous contenter de ce que nous avons. Par exemple, vous avez peu de biens matériels mais vous n’avez pas besoin de plus pour vivre décemment et vous sentir bien. Ou, vous venez d’accoucher et vous dormez moins. Vous faites avec ce dont vous disposez (temps ou possessions).

Troisième acception, nous pouvons décider de tirer parti du réel autour de nous. Rebondir après une expérience « négative », transformer des cartons d’emballage en magnifiques tables de chevet, offrir une nouvelle vie à des matériaux ou bâtiments laissés à l’abandon comme le font les artisans, les artistes, les spécialistes en rénovation, les architectes. Par exemple, Faire avec est une association d’architecture qui en a fait justement son credo jusque dans son appellation et les textes de son site Internet. Dans une démarche solidaire et de co-conception, elle construit et répare les bâtis et les vies à partir de l’existant, récupère ce qui était destiné à être jeté ou détruit. Pour ma part, dans mon activité de relecture-correction-réécriture, je fais avec un texte que me fournit une entreprise.

Enfin, la quatrième et dernière acception est celle de « faire quelque chose avec » dans le sens « d’accompagner quelqu’un pour faire quelque chose ». Professionnellement, c’est ce que j’affectionne le plus : co-améliorer un texte avec la personne qui l’a rédigé.

Cette année comme toutes les précédentes, je ferai avec vos textes et avec vous… avec joie et plaisir !

©Céline Bouvier Barache

www.celinebouvierbarache.com

Chartres – 30 déc. 2018 ©cbb
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