Chères lectrices, chers lecteurs,

En juin… parlons peu, parlons bien, parlons musique ! La Fête de la musique était le 21 juin et nous sommes le 28 juin. Malgré le rythme trépidant du monde, c’est toujours d’actualité ! D’ailleurs, la musique mérite bien plus qu’une journée…

Alors oui, il y a une multitude d’expressions qui évoquent la musique. J’en ai choisi une, plutôt connue, souvent employée et apparemment bien comprise : « être réglé comme du papier à musique ».

D’où vient-elle ? Cette expression date de 1690 et signifie, quand on parle d’une personne, «  avoir des habitudes très régulières » et pour une chose, « être prévu dans tous ses détails ».

L’expression « être réglé comme du papier à musique » viendrait du tracé régulier (à la règle) des lignes constituant les portées (groupes de « cinq lignes horizontales, parallèles et équidistantes ») et du dessin précis des notes de musique dessus. L’ensemble des notes écrites (pour un seul ou plusieurs instruments, avec ou sans la partie vocale) constitue une partition musicale.

Écrire de la musique implique pour un compositeur une mise en condition, des rituels précis, une répétition, une régularité. Ce n’est pas seulement une histoire de talent.

Un matin, j’écoutais FIP, une station de radio où la musique prédomine, et le mot discipline m’est venu à l’esprit. Cette discipline souvent connotée négativement de nos jours est, selon moi, fondamentale en musique.

Ainsi, de grands artistes étaient des acharnés de discipline. On pense souvent au travail vocal fourni par les chanteurs et chanteuses lyriques qui exercent leur voix régulièrement pour conserver ou développer leur timbre spécifique.

Mais c’est le cas pour toutes les catégories de musiciens et d’interprètes. Par exemple, lorsqu’il enregistrait un disque, Elvis Presley était très exigeant – en atteste le nombre de prises qu’il faisait pour une même chanson – avec sa propre voix et ses musiciens de studio. Il reprenait inlassablement le même morceau jusqu’à obtenir la précision musicale qu’il recherchait.

Un musicien, qu’il soit amateur ou professionnel, tel un acteur et un sportif, s’astreint à la répétition, à un entraînement. Souvent famille (lorsqu’il s’agit d’un enfant avec son instrument), spectateurs et auditeurs peinent à imaginer ce travail régulier et précis, ou simplement ne s’en rendent pas compte.

Cette expression représente bien, pour moi, ce qu’est une œuvre musicale : un mélange de fulgurance créatrice géniale, de labeur et de rigueur. Il ne s’agit pas seulement d’interpréter un morceau ni de savoir lire une partition ou écrire de la musique.

Ni musicienne professionnelle ni musicologue, je pourrais vous en écrire des tonnes sur ce sujet cependant, car la musique a toujours fait partie de mon environnement.

Depuis toute petite (j’ai l’impression d’avoir écouté de la musique dès mes premières années de vie en 1970) jusqu’à aujourd’hui en passant par ma traduction de fin d’études* – au début des années 90 – dont le thème était en lien direct avec la musique (les impacts de la pratique musicale sur le corps et la santé chez les musiciens professionnels).

Mes souvenirs conscients remontent vers 6 ans, je crois, avec une comptine anglaise que m’avait apprise ma grand-mère maternelle : « baa, baa, black sheep, have you any wool, yes sir, yes sir, three bags full!, etc. » et que je me souviens avoir fredonné en marchant sur le chemin de l’école.

Lors des quelques cérémonies religieuses auxquelles j’avais obligation d’aller, les moments qui me sortaient de ma torpeur étaient les temps de chants, avec une préférence pour certains, ceux qui étaient rythmés et dont les paroles avaient un sens, à cet instant, pour moi.

La musique classique – Mozart, Vivaldi, Haendel, Bach et tant d’autres – emplissait l’appartement de mes grands-parents paternels et me réjouissait dès que je franchissais la porte de chez eux.

Des concerts maison étaient improvisés : nous écoutions respectueusement et vivions tous intensément la musique.

À chaque fois que l’occasion se présentait, j’étais toujours la première à ouvrir grands, yeux et oreilles, pour écouter un membre de ma famille, jouer d’un instrument et chanter.

J’attendais avec impatience ces instants de joie où nous chantions ensemble des chansons du folklore notamment, accompagnés par tantes, oncles, cousins, cousines qui pratiquaient plusieurs instruments.

Comme j’ai aimé ces moments de partage !

Il y eut aussi mon père qui nous enseigna le rythme et des onomatopées musicales au retour d’un stage organisé par Steve Waring. Mon frère, ma sœur et moi scandions des paroles inintelligibles mais aux sonorités rondes et entraînantes qui résonnaient dans notre corps.

La liste de mes influences musicales est infinie : variété, française et internationale, Gospel, Blues, Soul, Rythm n’ Blues, Country, Jazz, Rock, les musiques régionales, les folklores du monde entier, les musiques expérimentales, la musique de chambre, la musique symphonique, les opéras, etc. J’ai vraiment été entourée de toutes sortes de musique et cela m’a permis de développer des goûts très éclectiques en musique, mais aussi dans de nombreux domaines.

Pas comme un fond sonore auquel on ne prête pas attention mais plutôt comme un animal domestique, la musique me tenait compagnie. Elle a longtemps fait partie de mon quotidien et me comble toujours aujourd’hui, même si elle n’est plus ma principale source d’affection.

La puissance de la musique rend possible l’apprentissage d’un instrument et la pratique du chant, même à un âge avancé, à condition de s’exercer, d’aimer et d’en ressentir le besoin.

Pratiquer un instrument en amateur m’a apporté une multitude de petites victoires et de grandes joies. Aujourd’hui, j’ai abandonné le piano, la clarinette, la guitare et le chant et je ne vais plus beaucoup, malheureusement, à des concerts de musique rock ou classique.

Cependant, écouter de la musique – de qualité, et il y en a dans tous les styles – me procure encore un plaisir intense. Cela m’a véritablement sauvée à plusieurs reprises et la musique reste un élément essentiel dans ma vie et dans ma famille, toutes générations confondues.

« La musique donne une âme à nos cœurs et des ailes à la pensée. » Platon

Et vous ? Racontez-moi votre histoire particulière avec la musique !

Céline

*Contrôle du toucher et ergonomie de la main chez le pianiste (« Pianists’ Hand Ergonomics and Touch Control », article original de Sang-Hie Lee). La traduction de fin d’études est venue clore ma formation de traductrice-terminologue de l’Institut Supérieur d’Interprétation et de Traduction (I.S.I.T.) et faisait partie de la liste des nombreux et intéressants travaux pratiques au cours de ce cursus.

 

©Céline Bouvier Barache

www.celinebouvierbarache.com

La relecture, la correction et la mise à jour des documents professionnels, rédigés ou traduits en français, font partie intégrante de leur conception. Installée en free-lance dans la région parisienne, je propose d’accompagner ponctuellement votre équipe au cours de ces étapes. Contactez-moi et nous identifierons ensemble la solution la plus appropriée à votre demande.

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