Il y a environ un an, en mars 2017, j’ai assisté à un colloque intitulé « Réalités culturelles et mondes connectés : quelle place pour l’humain ? » organisé par l’ISIT, une école de l’enseignement supérieur. Un entrepreneur passionné et atypique y avait donné une stimulante conférence d’introduction qui traitait, entre autres, de technologie et d’intelligence artificielle. Ayant grandi dans un milieu technophile – mais pas techno-addict 😉 je ne pouvais que partager son plaidoyer. Je vais exposer dans ce billet quelques réflexions personnelles que cette conférence avait éveillées en moi.

1.     La technologie est un outil.

Oui. Tout comme l’intelligence artificielle ou la réalité augmentée qui offrent elles aussi les moyens d’atteindre l’extraordinaire. Je suis convaincue des apports fantastiques des technologies qui permettent une transformation positive de la société, peuvent rendre l’Homme plus responsable ou l’Entreprise plus focalisée sur son essentiel. Mais ce n’est pas une fin en soi.

Les applications informatiques en médecine sont des aides précieuses. Une vidéo projetée lors de cette conférence d’introduction m’avait donné la chair de poule. Elle montrait un malentendant qui recouvrait l’usage de l’ouïe au cours d’un protocole médical grâce à l’intelligence artificielle. Dans ce cas, la technologie dans le domaine médical est une avancée indéniable pour l’humanité. Tout comme le remplacement d’organes malades ou accidentés permet de continuer à vivre, ou encore les systèmes informatiques pointus qui, lorsque la pathologie est dite incurable, aident le/la patient(e) à dépasser les limites corporelles et mentales induites par l’affection dont il/elle est atteint(e). Comme ce proche, talentueux médecin radiologue et échographiste victime de la maladie de Charcot (Sclérose Latérale Amyotrophique ou, aux États-Unis, Lou Gehrig’s disease), qui a pu bénéficier dans les premières années de sa maladie d’une technologie, expérimentale en France au milieu des années 80, lui permettant de communiquer alors qu’il n’en avait plus les capacités physiques. Autres technologies, le respirateur artificiel et la sonde gastrique ont prolongé sa vie de plusieurs années pour rester aux côtés de sa femme et de leurs 3 enfants alors que l’espérance de vie des personnes atteintes de SLA qui ne bénéficient pas de tels traitements est très courte.

2.     La personnalisation de l’expérience.

Dans un monde virtuel et finalement assez collectif, chacun semble chercher à vivre des expériences qui répondent à ses besoins personnels et caractéristiques individuelles. Votre rythme d’acquisition des connaissances, vos réflexions, votre faculté de comprendre et d’appréhender votre environnement vous sont propres. Votre voisin(e) sera caractérisé(e) différemment. Et lorsque vous trouvez, en termes imagés, chaussure à votre pied ou la pièce de puzzle qui s’emboîte au bon endroit, vous vous sentirez sûrement « complet/ète ».

Pour en revenir à la conférence d’introduction à laquelle j’avais assisté, l’intelligence artificielle permet, par exemple, un cadre d’enseignement ultra-personnalisé.

Cependant, comment trouver qu’un professeur virtuel, un chatbot ou agent conversationnel à figure humaine, est plus vivant qu’un être humain dialoguant avec son élève via un face-à-face virtuel (en vidéo) ou encore mieux, lors d’un face-à-face réel (en présentiel) ?

Je n’ai pas abordé dans ce billet les défauts de l’automatisation à outrance des outils de travail ou les craintes que suscite l’intelligence artificielle en termes d’emploi et d’évolution économique, ou encore les dérives sociales, passées et futures, engendrées par l’utilisation abusive de certaines techniques scientifiques. À la fin des années 80, lorsque des étudiants de ma promotion en Langues étrangères appliquées à l’Université de Haute Bretagne (Rennes 2) avaient choisi le thème de l’intelligence artificielle comme sujet de mémoire, je me souviens avoir eu quelques réticences.

Dans tous les cas, l’Histoire montre que la raison finit toujours par triompher, l’humain par contrer l’inhumain, et l’ensemble des compétences humaines auront encore à l’avenir une place à part entière.

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Céline Bouvier Barache

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2 thoughts on “Technologie, intelligence artificielle et expérience

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