Au début des années 1990, j’ai démarré ma vie professionnelle en cofondant, avec 6 élèves de ma promotion, un groupement de traducteurs indépendants, aujourd’hui dissous.

Nous venions de sortir tous diplômés de l’ISIT (Institut supérieur de traduction et d’interprétation), situé à l’époque dans le 6ème arrondissement de Paris, et nous partagions la même envie de « travailler en free-lance » mais ensemble…  en réseau. Des précurseurs en somme 🙂 !

Un GIE, késaco ?

Selon Wikipédia, « un groupement d’intérêt économique (GIE) est, en France, un groupement doté de la personnalité morale qui permet à  ses membres (qui doivent être au minimum deux) de mettre en commun certaines de leurs activités afin de développer, améliorer ou accroître les résultats de celles-ci tout en conservant leur individualité. Le groupement peut avoir un objet civil ou commercial. »

Les enjeux et objectifs de cette expérience entrepreneuriale, comme on dit maintenant, étaient de taille :

1.     Créer une structure viable from scratch, en partant de rien ou presque

2.     Administrer collégialement cette structure, la faire vivre et se développer

3.     Permettre à  7 personnes de gagner leur vie

Quels étaient les principaux freins ?

1.     Pas de capital initial : aucun apport, ni aide financière privée ou publique

2.     Peu d’informations transmises dans le cadre de notre formation, pourtant excellente et axée sur la pratique et la mise en application de connaissances théoriques

3.     Notre jeunesse (du point de vue des administrations surtout)

4.     Notre manque d’expérience (nous étions tous passés par l’Université avant nos études à l’ISIT et tous fait des stages obligatoires en entreprise mais c’était bel et bien notre première expérience professionnelle)

Quelles ont été les solutions mises en œuvre ?

1.     Recherche d’informations auprès des :

  • professionnels de la création d’entreprise
  • traducteurs déjà  installés

2.     Démarches de création proprement dites :

  • choix de la structure juridique (nous ne pouvions pas créer une entreprise de type SARL sans capitaux)
  • choix du nom (a posteriori, le choix de « Traducere » ne reflétait pas du tout la modernité qui nous animait)
  • rédaction et dépôt des statuts
  • conception des documents de communication[1]

3.     Prospection des clients via :

  • nos réseaux relationnels
  • les salons professionnels
  • l’association des anciens élèves de l’ISIT, des professeurs de l’école, d’autres diplômés de la même promotion
  • le publipostage (mailing)

4.     Développement commercial permettant de couvrir les frais de fonctionnement du groupement[2]

5.     Prestation d’un service de qualité et personnalisé dans le respect des délais

6.     Développement d’une offre étendue (polyvalence des membres, combinaisons linguistiques variées)

7.     Travail d’équipe[3] et investissement personnel de chacun

Prospection, gestion, facturation et suivi clients, coordination de l’équipe et gestion de projets, en plus des missions de traduction, de relecture-correction de manuels, logiciels, plaquettes de présentation, articles de presse notamment dans les domaines de l’informatique, la formation en langues, la santé ou les pratiques artistiques.

Tout cela n’a presque plus de secret pour moi  !

Quels résultats ?

1.     Le groupement a eu de belles réussites en décrochant des projets en direct ou via des agences avec des entreprises comme EF Education First France, IBM, Bull, Médecine des Arts, Microsoft, Novell, Oracle.

2.     Cette première expérience professionnelle m’a permis de m’initier à  la gestion d’entreprise. L’apprentissage sur le terrain a été très formateur : en peu de temps, j’ai beaucoup appris acquérant des connaissances pratiques qui continuent de me servir aujourd’hui.

3.     Après le départ de 5 membres sur 7, dont moi, pour des raisons diverses, le groupement a continué sa route pendant plusieurs années avec 2 consœurs et nous sommes restées en contact.

Quels ont été les facteurs de réussite ?

1.     Compétences linguistiques

2.     Sens de l’initiative, sens de l’effort, sens des responsabilités

3.     Capacité à travailler seul ou en équipe

4.     Conscience professionnelle

5.     Ouverture d’esprit, sens de la communication

6.     Capacité d’adaptation, débrouillardise

7.     Dynamique de groupe

 

[1] Plaquette, cartes de visite, papier à  en-tête, etc.
[2] Frais d’établissement, de banque, de prospection, d’expertise-comptable, de location d’un local
[3] À distance, chez le client ou dans notre local

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